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NOS SOURCES : LES ARCHIVES NATIONALES ET LES LABORATOIRES DE RECHERCHE
Blog de la Recherche
HEBDO
Cette semaine : Darwin et l'A.D.N.
Capitalisme, fin des dynasties
Recherche sur un disparu : le capitalisme
Le capitalisme a été jadis une féodalité industrielle.
Cette féodalité n'existe plus !
La crise aidant, l'Université de
Berkeley a commandé en Octobre 2008, à ses chercheurs en économie, une étude globale sur
le capitalisme. Sources,
développement et histoire.
Ce document est étonnant.
L'étude commence par focaliser sur la définition du mot lui-même.
« Le capitalisme est l'utilisation d'une concentration d'argent à des
fins de pouvoir économique. Le capital étant un levier puissant qui, à
terme, finit par placer la machine économique, inévitablement, entre les mains
de quelques-uns. » (Un jeu de société, le MONOPOLI,
est l'outil le plus simple qu'on ait jamais trouvé pour expliquer ce mécanisme
impitoyable de concentration)
Historiquement, l'image la plus emblématique de la puissance du capital, on
la retrouve dans l'épopée des Maîtres des Forges.
Cette image n'est pas isolée. A l'origine du capitalisme, se sont créées, dans
tous les grands pays industriels, de véritables dynasties économiques.
Car on ne peut imaginer le mot capital sans le verbe qui le
complète : l'action est celle de capitaliser, d'amasser de
l'argent. L'argent n'étant vraiment efficace que lorsqu'il est abondant et
concentré.
Or cette concentration prend un temps considérable à se réaliser : une, deux,
trois générations.
Cela induit des habitudes sociales : une authentique noblesse économique émerge
peu à peu à la fin du XIXème siècle et remplace la noblesse d'ancien régime.
Tous les secteurs économiques du pays ont leurs grands noms : le sucre, l'acier,
le pétrole, l'automobile, le verre Autant de branches industrielles, de métiers
qui sont bien ancrés dans les familles et qui suscitent des traditions.
L'ensemble fonctionne sur le schéma même de la féodalité.
Au centre, le château est remplacé par l'usine. Autour, un bourg et souvent une
région vivent du travail que distribue l'industriel.
Celui-ci se comporte en suzerain. Il se sent le plus souvent très responsable de
tout ce petit monde qui économiquement dépend de lui.
Prenons un exemple modeste : la chocolaterie Menier.
Le « suzerain » (paternaliste, dirait-on aujourd'hui) règne sur son bourg,
construisant des logements pour ses ouvriers, des écoles pour leurs enfants ; il
assure la santé par des dispensaires, l'hygiène morale par l'église ou le
temple.
C'est bien le modèle de la féodalité. Le petit potentat est investi d'un
pouvoir, mais il a cependant charge d'âmes.
Il est tenu de défendre son monde. Au Moyen-âge c'était les armes à la main ; au
XIXème siècle, la chose était sans doute moins sanglante, mais elle restait
néanmoins très sérieuse. C'était un engagement moral.
Il n'eût pas été pensable de mettre en balance la santé d'un bilan financier
et la survie économique de la région qui dépendait de vous.
Tout cela a vécu.
Le capitalisme s'appuyait sur l'institution de la famille. Il en utilisait les
qualités et les défauts : la solidarité autoritaire, l'orgueil, l'âpreté.
On disait, avant guerre, que 200 familles tenaient la France. Et c'était assez
vrai.
Mais la famille, elle-même, a fini d'exister en tant qu'institution. Elle ne
génère plus de dynasties.
La famille se désagrège et s'effiloche.
En Bourse, quand il s'agit d'une grosse firme, les héritiers jouent les uns
contre les autres.
Les quelques survivants qu'on va nous citer ont davantage les réflexes du
gros actionnaire que ceux du
« porteur d'un grand nom »
Finie la transmission de génération à génération, et finie aussi la puissance
qui peut s'accumuler sur plusieurs générations !
Le capital, aujourd'hui, s'est désaccouplé de l'économie réelle.
L'argent, fluide, volatil, n'est plus concentré entre les mains de quelques
dynasties puissantes.
La masse financière, aérée, libérée de ses contraintes «
matérielles » plane .. Dans un ciel où des bulles financières glissent au
dessus, très au dessus de l'économie réelle.
Ces bulles s'électrisent parfois et donnent des orages violents, suivis de
tempête.
Cela en ruine quelques-uns mais jamais aucune dynastie n'est atteinte, pour la
simple et bonne raison qu'il n'y a plus de grandes familles.
Il n'est de par le monde qu'une immense galaxie anonyme de petits et de gros
porteurs. Jamais longtemps les mêmes.
C. Martineau I.F.S.
Prochain article : le « financiérisme », un phénomène mondial
qui n'a ni lois, ni législateurs, ni institutions.
Et qui reste néanmoins un jeu vidéo.
Recherche sur un revenant : Darwin
( 9 Mars 2009 )
Nous sommes entrés dans l'année Darwin.
Année d'hommages et de commémorations. Année aussi de statufication.
Darwin était un chercheur, il pose cependant d'insolubles problèmes aux
chercheurs qui aujourd'hui lui ont succédé.
Pourquoi ?
Parce que son souvenir est jalousement scellé dans une sorte de crypte par
d'ombrageux gardiens qui n'admettent aucun « aggiornamento »
Depuis cent ans la science avance et découvre, et dans le même temps la théorie
de Darwin reste figée, comme tétanisée par ce qui se passe autour d'elle.
Une découverte majeure aurait pourtant dû l'alerter, une découverte qui a
bouleversé la biologie : l'A.D.N.
En biologie comme en physique moderne, la partie se joue désormais au niveau de
l'infiniment petit !
Darwin doit donc être réexaminé à l'oilleton du microscope électronique ..
Les structures vivantes, au niveau moléculaire, sont d'une complexité qui défie
l'entendement.
Les explications que donnait, il y a plus de quarante ans, le Prof. Monod (« Le
hasard et la nécessité ») se trouvent désamorcées dans leur principe même et
d'entrée de jeu. Elles sont infirmées par les recherches des physiciens modernes
qui, à l'instar du prix Nobel P.G. de Gennes, ont fait des recherches dans le
domaine du chaos et du hasard.
Nous ne venons pas du hasard, c'est certain.
Alors Darwin.
Pourquoi relire sa théorie à l'éclairage de l'A.D.N. ? Le
Le secret de Darwin, la passion qu'il inspire et
qui ne se dément pas depuis plus d'un siècle et demi,
elle se résume
en un seul mot : l'origine, l'instant « 0 » .
Darwin recherche les origines et pas n'importe lesquelles
:
il recherche nos origines, à vous et à moi.
S'approcher de l'instant « 0 » et s'en approcher par
le biais de la science,
c'est une aventure fabuleuse.
Cela peut nous passionner le plus légitimement du
monde, puisque savoir d'où nous venons, c'est aussi,
cela va de soi, savoir ce que nous sommes.
« Parlez-moi de moi » disait un écrivain célèbre, il
n'y a que cela qui m'intéresse ! »